Thèmes

aboudou soefo aime anjouan argent azali assoumani base boléro bonne cadre coup création enfants

Rubriques

>> Toutes les rubriques <<
· OPINION LIBRE (40)
· DIVERS (27)
· ACTUALITE (33)
· SOCIETE (19)
· POLITIQUE (20)
· INTERVIEWS (12)
· DIPLOMATIE (9)
· ECONOMIE (7)
· ARTS & CULTURE (4)
· SPORT (3)

Rechercher
Derniers commentaires Articles les plus lus

· Critiques sur Houmed Msaidié : La terreur est odieuse
· Houmed Msaidié : parcours d'un audacieux
· Ortega aux abois
· Les oignons de Majunga et le piment de Zanzibar !
· Chers intellectuels, les ‘’cadres en bois’’ vous saluent !

· Azali III et ses conséquences
· Tentative de coup d'Etat : les explications du parquet
· L’égoïsme d’une élite froide
· Djaffar se désolidarise d'Azali
· Tentative de coup d’état : J’allais vous dire…
· DOUANES I Des primes de ramadan
· Déclaration de Saïd Hassan Saïd Hachim
· Sûreté de l’Etat - Mohamed Abdou remplace Youssouf Ali Djaé
· Deux films comoriens présentés au Sénégal
· Des «insurgés» réfugiés à Mayotte

Voir plus 

Abonnement au blog
Recevez les actualités de mon blog gratuitement :

Je comprends qu’en m’abonnant, je choisis explicitement de recevoir la newsletter du blog "sixjuillet" et que je peux facilement et à tout moment me désinscrire.


Statistiques

Date de création : 11.05.2018
Dernière mise à jour : 18.12.2018
181 articles


Houmed Msaidié : parcours d'un audacieux

Publié le 04/09/2018 à 23:21 par sixjuillet
Houmed Msaidié : parcours d'un audacieux

La débâcle politique est l’issue prévisible pour ceux qui se rengorgent encore d’un «développement intellectuel» coupé des réalités. La suffisance dont font preuve ces tireurs d'élites des réseaux d’opérette alimentent l’exaspération d’une opinion qu’ils récusent quand elle se montre réticente à leurs sermons. Ceux qui s’en réclament se croient héroïques au prétexte qu’ils désignent leurs adversaires comme étant des monstres.

 

Que les mauvais esprits se calment ! Houmed Msaidié n'est plus ministre mais il conserve un regard attentif sur les enjeux socio-politiques du pays. Très loin de l'alchimie des nominations audacieuses. Faire parti d'un gouvernement de son pays, c'est bien mais ce n'est pas une vocation ultime. C'est le niveau de l'engagement qui compte. Mais, enfin, on ne peut pas demander à un chef d'État d'avoir tous les talents et tous ses soutiens à ses cotés.

 

Courtisé par beaucoup d'élus depuis son entrée en scène, il a toujours eu le cœur au centre du débat, mais se dit surtout conquis par la ferveur du peuple. La chose publique. Il connaît bien le poids de la parole publique et se montre désormais prudent, comme le prouve son exposé oratoire à Anjouan lors de la campagne du Référendum en faveur du «Oui». On a souvent reconnu les qualités de ce redoutable négociateur, orateur, tribun ; sa verve légendaire reconnue est inépuisable. Mais pourquoi un tel engouement ?

 

Houmed Mdahoma Msaidié pourrait se vanter d’un bilan extrêmement flatteur d'homme d’État, d'homme politique engagé ou d'un citoyen humble devant le devoir accompli. Accédant Ministre, plus de dix fois, dans différents régimes depuis Juin 1993 où il est devenu pour la première fois Ministre, ce standing politique traduit honorablement la fidélité et l'engagement sans faille de l'enfant de Mbudé auprès des Institutions du pays... Il ne le fait pas. Autant par modestie que par tempérament : «Je ne m’étale pas, je ne suis pas quelqu’un qui fonctionne à l’Arlésienne» prévient-il en prenant ces fonctions le 14 Juillet 2004 au Ministère d’État chargé de la Défense, de la Sûreté du Territoire, des Infrastructures stratégiques et de la Communication, couronné des fonctions de porte-parole du gouvernement. «Ses lourdes responsabilités ministérielles ne l’ont pas changé», confie aujourd’hui un haut cadre de la présidence de la République qui le côtoie depuis plus de vingt cinq ans.

 

Il risque de prendre des sentiers que les autres n'ont pas pris. Il risque d'être surprenant. Lorsqu’une question éminemment politique et morale se pose, qui engage l’essentiel, ce ne sont ni une plate-forme qu'il sollicite, où le plus grand nombre pourra lui dicter ce qu’il convient de faire, ni une tendance de mode; il sonde plutôt ses convictions comme l'horloge, sa propre conscience qu’il interroge. C’est bien la nature profonde de sa pensée et de son mouvement politique qu’il révèle en agissant ainsi.

 

Les dernières lignes de son allocution de Nyumakélé lors du grand Meeting pour le «Oui» sont consacré exclusivement aux déserteurs de l'avenir du pays; de cette émergence que nous devons tous croire pour l’intérêt collectif et non pour une bannière de propagande, sous la forme d’un appel incessant aux progressistes du pouvoir tout comme de l'opposition. «Je veux dire avec sincérité aux courageux républicains que le message que nous avons porté dans l’histoire, que la refondation de la démocratie comorienne à laquelle nous devons nous atteler, ne sont en rien compatible avec le refus de tout que portent les outrances de certains d'entre-nous».

 

En ces moments précis, Houmed Msaidié reste partisan de la bienveillance, et qu’il eût l'audace d’être élégant, d’être fier de ce qu’il avait contribué à réussir dans ces multiples fonctions. Sans doute parce qu'il considère, à ce moment idoine de la croisée des chemins, que l’élégance est nécessairement en politique, une manière efficace de prendre rapidement du bénéfice collectif, oubliant qu’elle n’est pas une obligation de courtoisie mais une noblesse de sagesse envers le peuple.

 

Les pages de l'histoire consacrées à l'actuel Secrétaire national du RADHI sont souvent le lieu d’un humour décapant. Homme de dossier, travailleur devant l’éternel, est doté d’un certain sens de l’autodérision; le 24 Août dernier sur le mur de son compte «facebook», il rabote avec un sens philosophique appuyé à ses diffamateurs satiriques : «À mes très chers détracteurs je vous aime et je vous encourage à ne pas m’aimer. Mais de grâce aimer votre pays au lieu de baigner dans le dénigrement STÉRILE». Plus de 70 commentaires s'en suivent. L'intéressé se défend : « Quand on dit des choses fausses, je rectifie le tir». Il estime que ces vacheries sont l'expression d'une « jalousie ». «Ils ne m’enlèveront pas ma bonne humeur. Avec tout ce que j’ai vécu, je n’ai plus rien à prouver. »

 

Il aime l'échange. Il jubile quand on lui parle de ruralité, lui l'ancien Ministre du Développement Rural, de la Pêche et de l'Environnement sous Djohar. Il ne montre presque jamais de signe de fébrilité, d'agacement. Une grande maîtrise, des compétences, de l'humour : il a ce cocktail parfait pour tenir les chocs. Les duels et défis qu'il a rencontré durant son parcours souvent semé d’embûches. Dans les circonstances que vit le pays, il est parfaitement dans son rôle. Il rassure, il propose ses idées et apporte sa petite pierre à l'édifice. «A travers sa compétence, sa maîtrise, son ton, son autodérision, sa façon d'être, il séduit le plus grand nombre. Et n'oublie jamais qu'il doit le faire pour Les Comores car il s'est engagé de la chose publique très tôt», glisse un expert haut placé du Ministère de l'Intérieur, expliquant : «Il n'est pas le bouffon du roi, ni celui qui dit au roi qu'il est le plus compétent. Simplement, il a trouvé les clefs. Il est toujours disponible».

 

En politique, où l'on est continuellement confronté à la performance, tels des sportifs de haut niveau, il faut une maîtrise incroyable de l'affect. Lui, il l'a, et totalement. Dans le débat public, «Boina Msaidié», comme l'appellent affectueusement ses proches, s'est effectivement imposé. A son arrivée au sein de la mouvance présidentielle, il y est vite entré car il connaît les codes du principe. L'ancien haut cadre, fin tacticien de la Convention pour le Renouveau des Comores (CRC) est vu pour beaucoup comme un précurseur. Parce qu’il n'a jamais cessé de bousculer les lignes. Il a tapé le poing sur la table, à l'époque de la CRC, en donnant un souffle aux instances. Démontrant encore une fois avec aisance, sa force morale face aux épreuves : il a préféré donner sens au combat, tout en gardant une relation quasi fraternelle avec le président Azali Assoumani.

 

Alors que la matière n'était pas son champ de compétence immédiat, il s'est forgé une doctrine et il a réussi à être le ministre de l’État qu'on connaît, pas seulement de la sécurité et de l'urgence. Il incarne l'autorité à travers l'énergie. Houmed Msaidié y ajoute un côté force tranquille, une sérénité, analyse un soutien du président Azali Assoumani.

 

Sa force, c'est que personne ne lui prête une ambition démesurée. En Avril 2004, dans un match historique face au coriace Mtara Maecha, il est élu Député du Mbudé-Mitsamihuli, dans une élection mémorable. Au lieu d'aller s’accaparer la tribune de l'Assemblée Nationale, il a vu de bon œil de céder sa place à sa suppléante, la faire rentrer un peu plus dans l'histoire parlementaire de notre pays, celle qui allait devenir la première femme comorienne à siéger au Palais de Hamramba : Bibi Djoueria Abdallah !

 

Mais qui est-il vraiment, Houmed Msaidié ? Si l'homme s'est fait un nom, le grand public ignore encore quasiment tout de lui, les habitants de Mbudé-Mitsamihuli exceptés. Question de tempérament, tant ce père de famille, qui peut être en privé «un drôle absolu » (dixit un ministre du gouvernement actuel), déteste l'exhibition et considère que c'est le travail qui doit payer. Mais pas seulement.

 

Dans un monde politique où petites phrases et effets de manches règnent, et où beaucoup se plaisent à exposer leur vie privée, il s'applique à faire de son style austère une marque de distinction et une preuve de sérieux. A montrer que l'on peut faire de la politique autrement, sans soulever les foules mais en étant précis, fiable, efficace. Et sans avoir de plan de carrière, répète-il souvent à ses interlocuteurs, qui comprennent qu'il n'est « ni un Don Juan ni un faiseur de rois ». « Les citoyens n'attendent pas de nous des états d'âme, mais des états de service », tranchait Houmed Msaidié, dans «Al-Watwan» en 1997, alors Secrétaire Général du MDP, opposant farouche au régime du Président Mohamed Taki, et aux cotés du célèbre Abbas Djoussouf. "C'est un homme qui pousse l'art de la politique au point d'apparaître n'en faisant pas. Alors qu'il en fait non-stop", glisse-t-on au sommet de l’État.

 

De la politique, Houmed Mdahoma Msaidié en fait de vrai. De l'ère Saïd Mohamed Djohar à Ikililou Dhoinine, il affûte son parcours, sa bravoure. C'est à ces moments-là qu'il fait ses pas dans les allées du pouvoir et intègre des cabinets ministériels, dans les gouvernements. Détesté, admiré, jamais égalé. Il était souvent dans l'opposition par principes mais pas sectaire. Il n'est pas l'homme d'un clan. Tout en épinglant parfois un petit côté «donneur de leçons»ses collègues apprécient sa connaissance des dossiers. «Il est progressivement devenu une valeur très sûre», rapporte un ancien Député proche du régime Djohar au début des années 90. La vérité est qu'il ne supporte pas que les choses lui échappent. L'ancien candidat à l'élection de la vice-présidence s'est créé un masque, pour ne pas dire une armure. Il peut apparaître distant mais il n'est pas froid. Il s'est forgé une carapace; il se protège. Il s'applique à ne jamais rien laisser transparaître, à ne pas montrer la moindre faille. « Il n'aime pas les portraits de lui », jurent ses proches.

 

Perfectionniste, l'ancien Ministre de l'Intérieur d'Ikililou Dhoinine veut tout maîtriser. Mais pas jusqu'à l'obsession. Son image comme ses dossiers, sur lesquels il est la plupart du temps incollable, capable d'égrener des dizaines de chiffres, jusqu'à la virgule. Une force, souvent dans un grand ministère. Il aime l'efficacité que tout soit sous contrôle. «Ce n'est pas le hasard qui en a fait ce qu'il est. Certes, il n'a jamais rien demandé ni tiré la couverture à lui. Il a été servi par son courage », affirme un ami, aujourd'hui à la COI. « Il a décidé de jouer un rôle prépondérant au sein de la mouvance présidentielle». Car en premier lieu, il préfère collaborer avec Azali Assoumani, qui le connaît si bien, que de croiser certains de ses anciens tortionnaires qui forment maladroitement la coalition de l'opposition.

 

Pièce maîtresse de la mouvance présidentielle, il a su y imposer sa force tranquille. Houmed Msaidié et le chef de l’État ont noué dans les épreuves une relation forte et respectueuse. Toujours, en première ligne pour les intérêts de la nation, Houmed Msaidié roule sans ambition personnelle mais enchéri pour le collectif. L’air du temps est à la régulation. Il faut, pour y parvenir, une volonté politique nécessairement partagée par les plus avertis, une grande partie la plus large possible. 

 

La pensée obscure, la diabolisation du respect, la peur du vrai débat, la pénalisation de l'opinion non conforme suffisent à démontrer la persistance de la crise de l’intelligence dans ces réseaux d’opérette. C’est ce monde sans jugeote, qui se ridiculise chaque jour un peu plus, qui reste à abattre : débats séparatistes, calomnie, histoires mensongères, dénigrement.

 

Pour les nouvelles générations, les mots d’ordre sont : émancipation et participation, loin des stigmatisations de toutes sortes, loin des hypocrisies sous-jacentes et pleinement respectueuse des traditions de chacun. Houmed Msaidié continuera de nous étonner tellement qu'il est déterminant.

 

Mohamed H.

Commentaires (1)

Anonyme le 03/09/2018
Bien dit


Ecrire un commentaire